Quelques mois s'écoulent, entre blessure (près de trois mois d'arrêt complet) et compétitions de reprise (Raid ATO, 12 heures de Bures et Raid O'Bivwak), et la date du 3 juin se rapproche dangereusement.

Sur l'O'Bivwak, Virginie la Souris nous demande, à Mathias et moi, ce que nous avons finalement décidé de faire.
L'AG fondatrice étant plus ou moins tombée à l'eau, reste la motivation (forte) de s'entraîner un peu et de retrouver/rencontrer tout un tas de Kikoureurs et Kikoureuses.

Mais cela justifie-t-il le déplacement ?
Oui, bien sûr, mais nous passons tous les trois entre un et quatre weekends dans le mois consacrés à la course à pied, souvent loin de la maison (n'est-ce pas la Souris ? :p ).

L'envie de se reposer un peu se faisait donc entendre également.
Quel dilemme…
Las, la Souris, dans un état de forme impressionnant cette année, réussissait à nous convaincre de faire de ce weekend un nouveau weekend sportif avec, en préalable à la course et au repas vespéral, une sortie en rando-course autour de Grenoble.

Après de multiples échanges dans la semaine avec L'Blueb, et des problèmes de dos récurrents chez les trois mâles putatifs de ladite randonnée, nous nous décidons finalement à organiser un petit trip à trois zanimaux au dessus de Corrençon.

La veillée d'armes

Après une sortie épique (CR à suivre), nous retrouvons, en invités surprise (merci L'Blueb' pour le coup de main ;-)) ), une cohorte de kikoureurs pour un dîner au restaurant du Col de l'Arc, sur la place de Lans.

Y a pas à dire : les kikoureurs sont de joyeux drilles, comme en attestent les sourires cloués sur tous les visages.







Même 'tite patate semblait heureuse derrière ses zoulis yeux bleus ;-))

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bon, c'est pas tout ça, mais c'est qu'on court demain ! Allez, zou, au lit !
Enfin, presque.
NoNo et rapace ont organisé un drôle de trafic.

 

L'argent n'a pas d'odeur, mais le reblochon, si !
J'ai oublié le cours REBLOCHON/CASQUETTE du jour, mais les deux loustics ont fait des affaires...



 

 

 

Le Jour J 

Le lendemain matin, nous prenons le petit déjeuner en famille : Supersteph69 et sa petite famille, dont la petite qui fête son anniversaire (beau cadeau pour la fête des mères, non ?), Virginie, Mathias et moi. Kikourulez ;-))



 

 

 

 

 

 

 

 

Puis, après les derniers préparatifs, c'est le départ vers le... départ de la course. 2 km à vue de nez, en passant d'ailleurs par un tronçon bitumé de la course.
Arrivés sur le parking, nous retrouvons immédiatement une nuée de casquettes rouges et blanches marquées du désormais célébrissime K.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelqu'un (Béné ? NoNo ?) a même installé le fanion inauguré à la Saintélyon sous le chapiteau d'inscription.
Grosso modo, les kikoureurs doivent représenter plus de 10% des inscrits. L'effet masse joue à fond !

A 10h00, les filles prennent le départ. NoNo, accompagnée de la Souris, arbore un sourire à la hauteur de sa détermination, bien au delà des craintes parfaitement légitimes que lui inspire le profil atypique de cette course de montagne (ah, on n'est décidément pas dans les plateaux du Revermont...).
Titifb, elle, calée sur la ligne de départ, est déjà dans la toute tête de course. Une vraie championne !

 

 

 

 

 

 

 

A 10h15, c'est au tour d'une nuée de mâles d'être lâchés à la poursuite des filles. Et, attention, dans la masse, il n'y a pas que des rigolos comme votre serviteur. Rien que parmi les kikoureurs, Cyril et Nicnic sont affutés en diable, et peuvent jouer de belles places au général.
Bref, ça part fort, et moi, comme un jeune con que je suis peut-être, j'oublie que je ne recours que depuis un mois, avec moins d'une dizaine de sorties depuis mes trois mois d'arrêt, et que je n'ai plus couru de course courte depuis... le Marathon de Paris 2006 ;)
Je pars donc, non pas en tête bien sûr (Jack26, lui, y a pris ses marques), mais dans le fond du peloton de tête, devant (presque) tous les autres kikoureurs.
Las, il ne me faut pas longtemps pour avoir la confirmation que ce rythme n'est décidément plus de mon âge, ou, du moins, pas adapté à mon état d'impréparation avancé...
Cyril puis Nicnic me dépassent dès le premier kilomètre, suivis rapidement par un thunder toujours sur un nuage après la Drôme. et je reste un petit bout de temps avec Supersteph69. Egal à lui-même (c'est-à-dire extrêmement agréable), il me réconforte par sa simple présence, et me permet de garder un minimum de rythme.



La montée est assez raide, mais tout à fait abordable. J'utilise néanmoins les bâtons au maximum, même si certains passages relativement étroits rendent la manoeuvre parfois risquée. Khanardô est également dans notre petit groupe. Belle ambiance : un régal !

Peu avant les Allières, après avoir dépassé Sophie, la chère et tendre de Samontetro, je prends quelques photos et reconnais la silhouette de pinston et celle, qui me surprend davantage, de patate, qui nous avait pourtant bien expliqué la veille qu'il ne connaissait quasiment pas le monde du trail et n'avait pour ainsi dire jamais couru en montagne. Aïe... Je faiblis ;-))



Résultat : je suis obligé de réaccélérer pour rejoindre NoNo qui continue, malgré quelques noms d'oiseaux marmonnés à l'intention de Béné38, à arborer un fier et franchement agréable sourire ! Allez, courage championne !
Au ravitaillement, je prends un sucre et un peu d'eau, et ça repart ;-))



La montée continue ensuite, pour atteindre enfin ce brouillard que l'on percevait depuis le départ dans les hauteurs. Moins terrible que la veille, il n'en demeure pas moins dense, et crée un décor onirique à notre sortie du jour. Le rafraîchissement léger qu'il suscite me permet enfin de ne pas regretter totalement d'avoir opté pour le TS ML.



L'arrivée au Col de l'Arc nous offre enfin une vue sublime sur la mer de nuage et, semble-t-il, le massif de Belledonne. Une véritable merveille, qui mérite bien une nouvelle petite pause photos.



 

 

De là, le Pic est nettement visible, et très proche. 1000 m de d+ tout de même depuis le départ.
J'atteins le sommet en 1h16', et profite, à défaut du sucre à la Chartreuse proposé par Denise, de quelques poignées de noisettes et amandes. Je prends également le temps de profiter du paysage, et sors l'appareil photo pour immortaliser ce terrain de jeu sublime.
Bon, ce n'est pas tout ça, mais j'ai mangé mon pain blanc, et je sais que la descente sera une autre paire de manches...

La descente aux enfers

Et, en effet, dès les premiers mètres, c'est une catastrophe.
Les lapiaz, rendus extrêmement glissants par le temps de chien qui a régné sur la région pendant la semaine, m'obligent à descendre quasiment à l'arrêt, sur les fesses, pendant qu'une nuée d'avions, dont Mathias le boss, en pleine forme, ptijean et rapace, me cloue sur place, semblant se jouer de ce qui m'apparaît comme une difficulté insurmontable.



 

 

Et ça ne fait que commencer. En l'espace de quelques dizaines de mètres de D-, j'ai le sentiment que tout le peloton, dont les quelques féminines que j'avais rattrapées dans la montée, m'a dépassé. Cruel souvenir qui me ramène en Corse l'été dernier où, plutôt bien classé sur la première moitié de la Via Romana, j'avais, au gré de la descente un peu technique, rétrogradé brutalement au fin fond du classement.



Jusqu'au ravitallement des Allières, cinq cents mètres plus bas, je marche là où même les moins agiles de ceux restés derrière moi courent ou trottinent. Un véritable calvaire.
Heureusement, ce ravitaillement marque le retour à la forêt et à des chemins de terre.
Je peux enfin reprendre un peu de vitesse (tout est relatif), et revenir sur deux ou trois concurrents qui venaient de me déposer.
Je ne brille cependant pas dans les passages où les cailloux un peu humides refont leur apparition.

Je ne me sens finalement libéré que lorsque nous quittons la forêt et apercevons enfin Lans, sur un petit chemin en faux plat montant puis descendant, en lisière.
Mais, pressé d'en finir, je maudis à mon tour les organisateurs (enfin, Béné surtout ;-)) ), qui nous font faire une longue boucle vers le nord avant de nous autoriser à revenir vers le départ où se juge l'arrivée.
Un coup d'oeil  rapide à ma montre m'indique que, comme je le craignais, la descente aura été pour moi au moins aussi longue que la montée. Je crois que je n'avais jamais atteint un tel niveau de décrépitude...
Allez, il ne s'agit pas de mollir maintenant.
Comme à la fin de tous mes ultras, je mets un point d'honneur à finir au "sprint", ce qui est facilité aujourd'hui par l'accueil exceptionnel que me réservent les kikoureurs et le speaker, ce dernier me demandant même de veiller à garder de quoi m'arrêter après le passage de la ligne ;-)).

Verdict : 2h32'. Peut mieux faire bien sûr. Mais je crois que ce genre de descente, assez technique, me désavantage tout particulièrement (sur le CCC, bien plus roulant, j'avais au contraire profité des descentes pour grappiller encore quelques places).
Néanmoins, la joie de retrouver toute la troupe efface bien vite cette déception qui n'en n'est pas tout à fait une (après tout, je me doutais que la redescente serait difficile).

Que la fête continue ! 

Après avoir pillé le très copieux ravitaillement d'arrivée installé par l'organisation, je rejoins les kikoureurs, visiblement tous ravis de cette très belle course, et nous pouvons acclamer comme il se doit NoNo et L'Blueb qui en terminent, main dans la main, sous les vivats de la foule en délire.
L'émotion de NoNo, extrêmement palpable, ne laisse personne indifférent. Le soutien de Philippe, que sa lombalgie a apparemment épargné, a certainement été un atout, mais notre escargote préférée est allée au bout d'elle-même pour venir à bout de ce géant, et beaucoup auraient probablement abandonné là où elle a été capable de puiser l'énergie nécessaire pour terminer. Sincèrement, bravo NoNo !!!
Titifb ne s'y est pas trompée qui lui a offert sa coupe du jour.



La remise des prix qui commence sitôt après leur arrivée, permet d'honorer nombre de kikoureurs (Cyril et thunder chez les hommes, la Souris et titifb chez les femmes).
Elle n'est interrompue que par l'arrivée de Sophie, bientôt suivie par son homme-balai de samontetro, qui ferment donc la marche.
A ce titre, Sophie et L'Blueb seront d'ailleurs récompensés, comme derniers concurrents femme et homme à boucler l'épreuve.



Surtout, la coupe de l'association la mieux représentée revient, presque naturellement, à Kikouroù, ce qui vaut au boss une bien belle coupe (ça fera zouli dans le futur siège de la future association ;-)) ).


Bref, entre les casquettes et les différentes récompenses, on peut dire que Kikouroù aura réussi à se faire remarquer sur ce trail !

Un tirage au sort interminable (il y avait certainement autant de lots que de coureurs) permet à (presque) tous les kikoureurs de repartir avec un souvenir tangible de cette belle journée.



Mais, loin de s'arrêter là, la fête continue, pour tout le monde sauf Khanardô, dont le fiston a un planning sportif chargé l'après-midi, autour d'une grande table sous le chapiteau, où nous nous empiffrons des victuailles apportées par les un(e)s et les autres.
Qu'ils étaient bons ces fromages, ces vins, ce pain, ces tartes et ces bières.



S'il n'y avait pas eu les impératifs du retour en train (que la Souris et moi rateront finalement d'un cheveu malgré les talents d'as du volant de Mathias), je crois que la fête aurait pu se prolonger très tard.
Nous abandonnons donc les potos et Béné et ses bénévoles pour repasser tirer notre révérence au gite qui nous a si agréablement accueillis, et filer sur Grenoble.

Une chose est certaine : cette course mérite d'être connue, et courue.
Merci donc à Béné et tous les bénévoles (dont moicélolo), et merci à tous les kikoureurs pour ce weekend inoubliable.
Merci à Mathias pour la sortie de la veille et pour avoir fait office de chauffeur efficace et compréhensif.
Merci enfin à Virginie, qui a su nous convaincre de descendre pour le weekend, et qui a su gérer comme une chef les petits soubresauts forcément imprévus.

A la prochaine !

L'Castor Junior_c'est_bon_d'écrire_un_CR...